Les inspirations de la Collection Rousseau⎪L'écrivain

Mis à jour : juin 4

Dans cet article vous trouverez les sources d'inspirations qui m'ont permises d'imaginer et de concevoir mes collections.


Dans la vie j'ai trois passions - minute de silence - bon d'accord sûrement un peu plus mais celles-ci ont toutes un point commun : la Nature.


Il y a, l'escalade et la randonnée, deux pratiques complémentaires que j'associe à une seule et même passion, l'expression du corps et de l'esprit dans le paysage. La marche, l'errance, la contemplation, l'ascension... sont pour moi de véritables sources d'inspiration et de repos.


Ensuite, en best place et sans surprise, mon métier d'artisan d'art. Je ne connais rien de plus fort que la sensation de donner naissance à une forme grâce à un savoir-faire et la connaissance d'une matière.


Pour finir, quand je n'ai plus la patiente pour assembler toutes ces petits pétales et que je n'ai pas la possibilité de grimper ou marcher, je m'adonne à une autre sorte de flânerie intellectuelle, la lecture - mais pas n'importe quelle lecture - Je lis essentiellement des livres écrits par des écrivains s'instruisant des paysages, de la nature et des voyages pour penser.


J'ai fait le choix de nommer toutes mes collections par chacun de ces écrivains afin de vous dévoiler au fil des saisons ce que j'appelle ma bibliothèque identitaire.


Aujourd'hui je vais vous parler de Jean-Jacques Rousseau. J'ai redécouvert ses écrits pendant mes études aux Beaux-Arts. À l'époque je travaillais sur l'errance et la contemplation dans les paysages naturels. Un de mes professeurs m'a alors conseillé de lire «les rêveries du promeneur solitaire», une véritable révélation.


Sous ses faux aires d'homme de cour du siècle des lumières se cache en vérité un homme sensible précurseur du romantisme, un défenseur de la liberté et un amoureux de la nature. Son malaise en société et son sentiment de persécution suite à certains de ses écrits controversés vont le pousser à s'extraire du monde des hommes et à devenir ce promeneur solitaire qui trouve son plaisir dans la déambulation et l'herborisation.





«Quand le soir approchait je descendais des cimes de l'île et j'allais volontiers m'asseoir au bord du lac, sur la grève, dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l'agitation de l'eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperçu. Le flux et reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser. De temps à autre naissait quelque faible et courte réflexion sur l'instabilité des choses de ce monde dont la surface des eaux m'offrait l'image : mais bientôt ces impressions légères s'effaçaient dans l'uniformité du mouvement continu qui me berçait, et qui sans aucun concours actif de mon âme ne laissait pas de m'attacher au point qu'appelé par l'heure et par le signal convenu je ne pouvais m'arracher de là sans effort.»


Cinquième promenade




«Les plantes semblent avoir été semées avec profusion sur la terre comme les étoiles dans le ciel, pour inviter l’homme par l’attroit du plaisir & de la curiosité à l’étude de la nature, mais les astres sont placés loin de nous, il faut des connaissances préliminaires, des instrumens, des machines, de bien longues échelles pour les atteindre & les rapprocher à notre portée. Les plantes y sont naturellement. Elles naissent sous nos pieds & dans nos mains pour ainsi dire, & si la petitessede leurs parties essentielles les dérobe quelquefois à la simple vue, les instrumens qui les y rendent sont d’un beaucoup plus facile usage que ceux de l’astronomie. La botanique est l’étude d’un oisif & paresseux solitaire : une pointe & une loupe sont tout l’appareil dont il a besoin pour les observer. Il se promène, il erre librement d’un objet à l’autre, il fait la revue de chaque fleur avec intérêt & curiosité, & sitôt qu’il commence à saisir les lois de leur structure il goûte à les observer un plaisir sans peine aussi vif que s’il lui en coûtoit beaucoup. Il y a dans cette oiseuse occupation un charme qu’on ne sent que dans le plein calme des passions mais qui suffit seul alors pour rendre la vie heureuse & douce ; mais sitôt qu’on y mêle un motif d’intérêt ou de vanité, soit pour remplir des places ou pour faire des livres, sitôt qu’on ne veut apprendre que pour instruire, qu’on n’herborise que pour devenir auteur ou professeur, tout ce doux charme s’évanouit, on ne voit plus dans les plantes que des instrumens de nos passions, on ne trouve plus aucun vrai plaisir dans leur étude, on ne veut plus savoir mais montrer qu’on sait, & dans les bois on n’est que sur le théâtre du monde, occupé du soin de s’y faire admirer ou bien se bornant à la botanique de cabinet & de jardin tout au plus, au lieu d’observer les végétaux dans la nature, on ne s’occupe que de systèmes & de méthodes ; matiere éternelle de dispute qui ne fait pas connoître une plante de plus & ne jette aucune véritable lumiere sur l’histoire naturelle & le règne végétal.»


Septième promenade



Et si cette article vous a donné envie d'en savoir un peu plus, je vous invite à écouter cette émission de france culture sur le philosophe.



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